Fonds euros et unités de compte : comment répartir
Un contrat d'assurance vie ou un PER assurantiel se pilote par la répartition entre deux familles de supports : le fonds en euros, dont le capital est garanti par l'assureur, et les unités de compte, qui exposent aux marchés sans garantie. C'est cette répartition, bien plus que le choix du contrat, qui détermine le couple rendement-risque réellement supporté.
Le fonds en euros
La garantie et l'effet cliquet
L'assureur garantit le capital versé, net de frais selon les contrats, et les intérêts crédités chaque année sont définitivement acquis : c'est l'effet cliquet. En contrepartie, le rendement dépend d'un actif majoritairement obligataire, dont la revalorisation suit avec retard l'évolution des taux de marché.
La provision pour participation aux bénéfices
Les assureurs peuvent mettre en réserve une partie des produits financiers pour lisser les rendements dans le temps, ces sommes devant être redistribuées aux assurés dans un délai réglementaire. Cela explique qu'un même fonds puisse servir des taux différents selon les millésimes et les contrats.
Les fonds euros nouvelle génération
Certains fonds intègrent une part d'immobilier ou d'actifs de diversification pour améliorer le rendement, souvent avec une garantie légèrement inférieure à 100 % ou une condition d'investissement minimal en unités de compte.
Les unités de compte
Les unités de compte regroupent des OPCVM actions ou obligataires, des ETF, des SCPI et SCI, des produits structurés et parfois du private equity. L'assureur garantit un nombre de parts, jamais leur valeur : le risque de perte en capital est supporté par l'assuré.
| Critère | Fonds en euros | Unités de compte |
|---|---|---|
| Capital | Garanti (selon contrat) | Non garanti |
| Rendement | Modéré, lissé, connu a posteriori | Variable, potentiellement supérieur |
| Horizon adapté | Court à moyen terme | Moyen à long terme |
| Frais | Frais de gestion du contrat | Frais du contrat + frais du support |
| Risque principal | Érosion par l'inflation | Volatilité et perte en capital |
Les frais qui pèsent réellement
Trois niveaux se cumulent : les frais sur versement, à négocier ou à éviter, les frais de gestion annuels du contrat, plus élevés sur les unités de compte que sur le fonds en euros, et les frais internes des supports eux-mêmes. Un écart de quelques dixièmes de point de frais annuels devient significatif sur un horizon de vingt ans : c'est le critère de sélection le plus fiable, car il est certain, contrairement à la performance.
Gestion libre, pilotée ou à horizon
En gestion libre, l'épargnant choisit et arbitre lui-même. En gestion pilotée, il délègue à un mandataire selon un profil de risque, moyennant une couche de frais supplémentaire. La gestion à horizon, courante sur les PER, sécurise automatiquement l'épargne à mesure que l'échéance approche : utile par défaut, elle mérite d'être vérifiée car les grilles de désensibilisation varient fortement d'un contrat à l'autre.
Méthode d'arbitrage
- Partir de l'horizon de chaque projet plutôt que d'un pourcentage théorique : les fonds nécessaires à moins de trois ans n'ont pas vocation à être exposés aux marchés.
- Privilégier des versements programmés pour lisser les points d'entrée sur les unités de compte.
- Sécuriser progressivement à l'approche de l'échéance plutôt que d'arbitrer en une fois après une baisse.
- Vérifier la gratuité et le nombre d'arbitrages inclus dans le contrat avant de mettre en place une stratégie active.
Questions fréquentes
Le fonds en euros peut-il perdre de la valeur ? Le capital est garanti par l'assureur, mais le rendement peut être inférieur à l'inflation, ce qui érode le pouvoir d'achat de l'épargne.
Un arbitrage est-il imposable ? Non, les arbitrages internes à un contrat d'assurance vie ne déclenchent pas d'imposition : seuls les rachats sont fiscalisés.
Faut-il tout placer en unités de compte sur un horizon long ? Un horizon long autorise une exposition élevée, mais la tolérance réelle aux baisses de l'épargnant reste le facteur déterminant.
Les SCPI en unités de compte sont-elles moins risquées ? Elles réduisent la volatilité apparente mais comportent un risque de liquidité et de valorisation propre au marché immobilier.
Le taux servi est-il connu à l'avance ? Non, le rendement du fonds en euros est annoncé après la clôture de l'exercice, généralement en début d'année suivante.
À retenir
La répartition entre fonds en euros et unités de compte se décide par horizon de projet, pas par intuition de marché. Les frais cumulés et la mécanique de sécurisation progressive pèsent davantage sur le résultat final que le choix individuel des supports.